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 Définition et étymologie du terme "Valaque" |
 Jean-François Gossiaux nous donne la définition du terme "Valaque" et l'étymologie de l'ethnonyme "Valaque", un terme d'origine germaine, existant actuellement en langues occidentales sous différentes formes. |
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 Distinction entre "Roumains" et "Aroumains" |
 Jean-François Gossiaux nous explique la distinction entre les ethnonymes "Roumains" et "Aroumains".
Les roumains, appelés aussi les Daco-Roumains, vivent au nord de Danube et les Aroumains, appelés aussi les Macédo-Roumains, vivent au sud du Danube. |
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 Situation géographique des Valaques |
 Jean-François Gossiaux nous parle de la situation géographique des Valaques dans les Balkans et des diiférents noms qu'ils prennent dans différentes régions. Ainsi en Serbie où ils représentent une population importante, ils sont appelés "Tsinsari".
Dans le nord de la Grèce, les Grecs les appellent les Kutsovalaques- "Valaques boiteux". En Bulgarie, on en trouve en Rodope occidentale et le long du Danube. On y trouve des Valaques aux caractéristiques différentes. Au sud-est de l'Albanie, il y a une importante population valaque qui aurait constitué le berceau des Aroumains dans les Balkans. Au nord de Danube, en Roumanie, les Valaques sont appelés Macédoniens. |
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 L'origine des Valaques |
 Jean-François Gossiaux nous présente les différentes thèses décrivant l'origine des Valaques. Il existe plusieurs thèses sur l’origine des Valaques Aroumains. Selon la première, les Aroumains sont venus du nord vers le VIIIè ou le Xè siècle. en même temps que les Avars. Cette population serait à l’origine proche des Daco-Roumains - Roumains de Roumanie. Cette thèse est soutenue par la Roumanie.
La deuxième thèse est celle d’autochtonité selon laquelle les Aroumains se situeraient avec l’ancienne population romanisée dans les Balkans. C’est la thèse des Aroumains militants qui prétendent que les Aroumains sont plus anciens dans les Balkans que les Daco-Roumains- Roumains de Roumanie.
Cette thèse a deux variantes : 1) thèse d’arché-autochtonie considérant les Aroumains comme descendants des Grecs (sous-thèse soutenue en Grèce) ou des Traces (thèse soutenue en Macédoine), 2) thèse selon laquelle les Armoumains sont les descendants des militaires romains. |
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 Deux types d'Aroumains dans les Balkans |
 Jean-François Gossiaux nous présente deux types de Valaques et leurs traits distinctifs principaux.
Du point de vue ethnographique, il existe deux types d’Aroumains : Fercheriots et Karagouni. Les Fercheriots ont pour centre l’Albanie et sont parfois appelés les Arvanito-Valaques. Le foyer des Karagouni est situé dans les montagnes depuis la Grèce jusqu’à l’Albanie. Les deux groupes ont une distinction vestimentaire : les Fersheriots s’habillent en blanc alors que les Karagouni s’habillent en noir (kara signifie en turc - noir). Les femmes Karagouni du sud de la Macédoine se distinguent également des Macédoniennes, qui s’habillent en blanc. Cette distinction est plus effacée maintenant. Les Karagouni sont appelés Kutsozvlaci par les Grecs. |
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 Pasteurs valaques nomades |
 Jean-François Gossiaux nous parle de la transhumance des pasteurs valaques nomades. La population nomade de pasteurs valaques pratiquait la transhumance où l’habitat est fixe en été et variable en hiver. L’élevage était surtout l’élevage de moutons mais aussi de chevaux. Dans l'Empire Ottoman, les Valaques avaient des privilèges de circulation, fiscaux, de choix de meilleurs pâturages car les Turcs en avaient besoin de leurs élevages pour la laine. Ce qui n’était pas le cas des slaves, moins riches. Les pasteurs Aroumains menaient une vie en communauté de type zadrouga - plusieurs familles étendues. La transhumance se déroulait sous l’autorité d’un chef - Kikaja - qui assurait la relation avec les autorités. Tout en vivant en communautés importantes, les Aroumains ne formaient pas de grandes tribus et n’étaient pas armés. |
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 Sédentarisation ou semi-nomadisme des Valaques |
 Jean-François Gossiaux nous raconte le processus de sédentarisation des Valaques.
Les guerres balkaniques de 1912-1913 ont instauré des frontières entre la Grèce et la Yougoslavie, ce qui a coupé les parcours traditionnels et a marqué le début de la sédentarisation. Les Valaques se sont fixés sur leur habitat d’hiver. Ce fut aussi le début de l’agro-pastoralisme. En Yougoslavie, l’agro-pastoralisme débute dans les années 20 et dure jusqu’aux années 45-50 - années de collectivisation sous le régime socialiste. Les Valaques se sont adaptés au nouvel environnement politique.
Les pasteurs gardaient l’argent en or, ce qui, en période d’inflation, leur a permis de s’installer en ville.
Il existe encore un élevage résiduel d’ovins en Macédoine. Ce sont surtout des Valaques urbains qui se mettent à plusieurs pour payer un berger, souvent un turc, pour s'occuper de l'élevage, nous avons ici le cas d'un renversement de la hiérarchie sociale. |
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 Valaques citadins |
 Jean-François Gossiaux parle de l'image citadine des Valaques et de leur représentation en Europe.
Le Valaque cumule en lui deux images traditionnelles : l’une est celle du pasteur et l’autre celle du citadin riche.
L’élevage a débouché sur le commerce : d’abord le commerce de peaux et d'étoffes puis s’est développé un commerce plus général de la soie, du café, de l’huile, etc. Le mot « Valaque » signifiait également « caravanier ». Plusieurs réseaux commerciaux valaques se sont développés. Plusieurs voies de commerce vers différents pays européens ont été établies. Les Valaques ont développé plusieurs villes jusqu’au XIXè siècle, par exemple, Moschopole,
Le capitalisme a renforcé l’immigration dans des pays européens, qui est devenue élitiste. Plusieurs grandes familles du XIXè siècle sont d’origine valaque, tels les Karajan (nom typiquement valaque), Siena, Averoff.
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 Les Tsintsars, Valaques de la Serbie |
 Jean-François Gossiaux nous parle des Tsintsars - les Valaques de la Serbie.
Les Valaques en Serbie sont appelés Tsintsars. Les tsintsars sont les seuls habitants non turcs des villes serbes et macédoniennes. Les autres habitants des villes parlent turc. Le noyau de la bourgeoisie serbe, y compris à Belgrade, était valaque. |
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 Mythe de fondation de la population valaque |
 Jean-François Gossiaux nous raconte le mythe de fondation de Moschopole.
Le départ en catastrophe des Tsintsars de Moschopole a donné lieu à un mythe de fondation que j’ai recueilli chez les Valaques Aroumains de Bulgarie selon lequel les Valaques vivaient au Gramos (région montagneuse autour de Moschopole) au temps d’Alexandre le Grand. Au temps d’Ali-Pacha, un chef local turc (1800-1810) tombe amoureux de la fille d’un Valaque "Sterio", mais elle le refuse et les turcs chassent les Valaques dans la forêt. |
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 Les Valaques en Macédoine |
 Jean-François Gossiaux nous parle de la présence des Valaques dans la Macédoine. Il nous indique également le nombre de la population Valaques dans les pays européens. La comparaison de ces chiffres révèle le fait récent d'autominoration parmi la population d'origine valaque.
En Macédoine, on considère les Valaques comme constitutifs du peuple macédonien. A Krushevo, il existe une concentration importante des Valaques qui parlent encore valaque - à côté du grec. Les adultes parlent valaque avec les parents, entre eux et avec leurs enfants ils parlent le macédonien. La comparaison des chiffres des recensements après 1980 montre qu’il y a une sous-estimation de la population valaque et même une autominoration : les Valaques ne se déclarent pas toujours comme Valaques. En général, on estime qu’il y en a entre 120 000 et 150 000 en Macédoine, 370 000 en Albanie, 1 600 000 en Grèce. |
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 Identité valaque |
 Jean-François Gossiaux nous parle de l'identité valaque. Il existe nombre de raisons de la sous-déclaration des Valaques :
1) les Valaques des familles mixtes disent qu’il est plus commode de se déclarer macédonien que valaque,
2) il était mal vu de se déclarer Valaque sous le régime communiste,
3) les valaques sont socialement connotés très péjorativement (nomadisme, sauvagerie) ou ont une image de bourgeois. L'identité valaque n’a jamais été objet de revendication politique. Les Valaques s’adaptent toujours à l’environnement politique. |
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 Les Valaques aujourd’hui |
 Le chercheur nous décrit le changement de la situation des Valaques, à savoir la revalorisation de l'identité valaque aujourd'hui.
Depuis l’éclatement de la Yougoslavie, on assiste au foisonnement des manifestations identitaires valaques. Les Valaques occupent l’avant-scène. A la différence des années précédentes, il y a une reconnaissance générale de l’identité valaque. On découvre des origines valaques même chez les personnalités politiques. |
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 Ethnicisme valaque |
 Jean-François Gossiaux nous parle du développement de l'ethnicisme valaque dans la période actuelle et éclaircit la nature de cet ethnicisme.valaque, qui n'est pas nationaliste.
On observe aujourd’hui un volontarisme, un activisme politique chez les Valaques. La Ligue Valaque présente comme objectif de son programme la réalisation des droits de l'homme. Un ethnicisme au sens de valorisation politique de l’identité ethnique se développe. Mais cet ethnicisme n’est pas nationaliste car il n’y a pas de revendication d’un Etat-nation, ni autonomie territoriale, ni revendications de minorité nationale. Cependant l’affirmation ethnique aroumaine exprime le fait que "Valaque" n’a de sens que par rapport aux autres. |
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 Dimension transnationale de l'ethnicisme valaque |
 Jean-François Gossiaux nous parle de la dimension transnationale de l'ethnicisme valaque. Toute une construction institutionnelle transnationale s'est développée autour de l’identité valaque. Ce phénomène est lié à l’ouverture vers l’extérieur et à la transition au capitalisme. En essayant de protéger leur langue, les Valaques souhaitent protéger leur identité culturelle.
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 Situation spécifique des Valaques en Bulgarie |
 Jean-François Gossiaux nous montre la différence du rapport quantitatif entre les Roumains et Aroumains en Bulgarie par rapport aux autres pays balkaniques. Les Valaques Aroumains de Bulgarie sont peu nombreux :3000 environ, beaucoup moins nombreux que les Valaques de Bulgarie Roumains - les Valaques du Danube représentant 50-60 000 personnes, c'est-à -dire que les Valaques ex-nomades - pasteurs - sont moins nombreux que les paysans.
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 Dimension politique de la Ligue Valaque en Bulgarie |
 Jean-François Gossiaux nous explique la dimension politique, utilitaire de l'ethnicisme valaque en Bulgarie.
Même si les Aroumains se considèrent différents des roumains, leur environnement les appelle « valaque ». C’est surtout par la force de cet ethnonyme exogène - "Valaque", que les Aroumains ont adhéré à la Ligue Valaque, qui est en réalité tenue par les Roumains. Mais l’Association des Aroumains n’y représente qu’une branche secondaire. Dans cette ligue, les Aroumains n’ont pas d’influence, ils ne réussissent pas à réaliser leur grand objectif - préserver la langue aroumaine - les Roumains y étant indifférant car leur langue est le roumain classique. On observe ici comment le phénomène de nomination peut être important, même contreproductif parfois. Ainsi les Roumains, pour de nombreux avantages, sont tournés vers la Roumanie, les Kachans - vers la Grèce, les Aroumains sont tournés vers la Macédoine, leur pays de référence, où habitent beaucoup d’Aroumains.
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